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exposition du 3 mai au 29 octobre 2017

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  • 19-04-2017
  • "Mon cher Rodin..."

Emmanuel Berry, photographe, investit le jardin du Musée Bourdelle d’Egreville avec ses photographies en noir et blanc, tirées au format 80 x 120, et adaptées aux conditions extérieures

Le maitre et l'élève rassemblés au jardin du Musée Bourdelle

Centenaire de la disparition de Rodin

"Mon cher Rodin...", exposition à Egreville

fragment d'une sculpture de Rodin photographiée en noir et blanc

photographie d'Emmanuel Berry

25 photographies d’Emmanuel Berry, tirées au format 80 x 120, et adaptées aux conditions extérieures seront exposées dans le jardin en écho aux 56 sculptures d’Antoine Bourdelle qui y sont présentées de manière permanente.

Parmi elles se trouve le buste de Rodin réalisé par Bourdelle et présenté en 1910 au salon de la Société nationale des Beaux-Arts, alors que Bourdelle venait de quitter l’atelier de Rodin où il exerçait comme praticien depuis 1893.

Emmanuel Berry a photographié les œuvres selon un protocole précis, isolées sur fond noir et en lumière naturelle, réalisées dans les réserves de Meudon.

Elles mettent en avant le lien d’amitié respectueuse et de connivence entre Bourdelle et Rodin. La correspondance entretenue entre 1883 et 1912 au travers de plus de 300 lettres atteste de l’influence de Rodin que l’on retrouve dans certaines œuvres de Bourdelle mais aussi de l’affranchissement de ce dernier.


 Bourdelle fut un collaborateur passionné de Rodin durant une quinzaine d’années. La correspondance, plus de 300 lettres, entre les deux sculpteurs sent le plâtre, résonne des coups de ciseaux et du bruit de la râpe, saturée par les impératifs esthétiques et industrieux. Ces échanges écrits sont en dehors de la vie quotidienne, le monde réel n’y a pas sa place.

Bourdelle et Rodin manient la langue différemment, avec ardeur pour le premier, avec réserve pour le second. La graphie serrée de Bourdelle aspire à trouver des formules pour dire ce qui échappe, à la gouge comme à la parole. Rodin, de nature plus retenue, semble séduit par la prose de Bourdelle : « Je désire écrire aussi mal que vous en calligraphie et aussi bien en substance » Rodin à Bourdelle, janvier 1908. « Vous avez un feu que je n’ai pas, et qui vous a fait poëte et sculpteur … délicieusement fort » Rodin à Bourdelle, juillet 1907.

Cette correspondance entre Bourdelle et Rodin, objet d’un ouvrage collectif rédigé en 2013 par les musées Rodin et Bourdelle de Paris, est aussi importante par sa qualité que par sa quantité. Jamais Rodin n’écrivit autant à un praticien (109 lettres) jamais Bourdelle n’écrivit autant à un destinataire (211).


Les œuvres d’Emmanuel Berry viennent créer une résonance entre les fragments de sculpture de Rodin photographiés dans les réserves de Meudon, en lumière naturelle, et ceux de Bourdelle, en bronze, volontairement placés alternativement dans l’ombre ou dans la lumière, à la vue du visiteur dans ce jardin d’Egreville.

L’inauguration aura lieu à 17 heures et sera suivi à partir de 20h00 par la Nuit des Musées .

Voir aussi

"Mon cher Rodin" au Musée Mallarmé

Ainsi commence une série de lettres écrites par Stéphane Mallarmé à son ami sculpteur. C'est aussi le titre de l'exposition qui se tient au musée départemental Stéphane Mallarmé du 4 mars au 5 juin 2017

photographie d'une partie d'une sculpture blanche sur fond noir

d’après une photographie d'E. Berry



Musée Rodin